Ocre de CombeRoussillon

03 · Geste de mur

La façade prend la terre. Elle ne la subit pas.

Le pigment n’est pas une peinture prête. Il entre dans un lait, une badigeon, un enduit fin. Le mur décide autant que la poudre.

Maisons aux façades teintées d’ocre dans un village de pierre
Pl. 05 — Teintes prises par les mursSource : Wikimedia Commons
01

Mouiller la poudre

Une terre sèche flotte, fait des grumeaux, puis des nuages. On l’humecte à part, on attend, on passe au tamis. Rien d’héroïque : un geste de cuisine minérale.

02

Doser dans le liant

Chaux aérienne, parfois un peu de caséine selon le chantier. Trop de pigment : le film farine. Trop peu : le mur reste un dessin au crayon. On avance par essais sur une lame, au soleil rasant.

03

Étaler et relire

Une passe trop tendue brille. Une passe trop pauvre marque les reprises. On revient le lendemain. La couleur sèche plus claire, toujours. Ce n’est pas un défaut : c’est le contrat de la terre.

On ne corrige pas une façade avec une deuxième couche « plus foncée ». On recommence l’essai.

Pas de recette chiffrée à appliquer sans personne compétente. Aucune allégation sanitaire.