03 · Geste de mur
La façade prend la terre. Elle ne la subit pas.
Le pigment n’est pas une peinture prête. Il entre dans un lait, une badigeon, un enduit fin. Le mur décide autant que la poudre.
Mouiller la poudre
Une terre sèche flotte, fait des grumeaux, puis des nuages. On l’humecte à part, on attend, on passe au tamis. Rien d’héroïque : un geste de cuisine minérale.
Doser dans le liant
Chaux aérienne, parfois un peu de caséine selon le chantier. Trop de pigment : le film farine. Trop peu : le mur reste un dessin au crayon. On avance par essais sur une lame, au soleil rasant.
Étaler et relire
Une passe trop tendue brille. Une passe trop pauvre marque les reprises. On revient le lendemain. La couleur sèche plus claire, toujours. Ce n’est pas un défaut : c’est le contrat de la terre.
On ne corrige pas une façade avec une deuxième couche « plus foncée ». On recommence l’essai.
Pas de recette chiffrée à appliquer sans personne compétente. Aucune allégation sanitaire.